Preacher (tome 1) – Garth Ennis & Steve Dillion

Preacher

Réédition d’un classique du comics des années 90, récompensé par quatre Eisner Awards dont ceux du meilleur scénariste (1998) et de la meilleure série régulière (1999), Preacher est de retour en France pour six volumes agrémentés de croquis et commentaires des auteurs et d’un vrai-faux courrier des lecteurs.

Le révérend Jesse Custer n’est plus vraiment en odeur de sainteté à Annville, Texas. Frappé par une entité mystique du nom de Genesis, il semble avoir malencontreusement rasé la paroisse dans laquelle il officiait, et vaporisait ses ouailles par la même occasion. Lorsqu’il se réveille, Jesse se découvre la capacité de faire plier n’importe quel esprit à ses ordres et deux alliés en la personne de Tulip, une ex à la gâchette facile, et de Cassidy, un vampire irlandais un brin taré. Débute alors un road-trip sanglant à travers l’Amérique, sur fond de conflit divin et d’exploration de la noirceur humaine, à la recherche de Dieu, incarné sur Terre après avoir lâchement abandonné son poste.

Moins onirique que Sandman, Preacher partage néanmoins avec le chef-d’oeuvre de Neil Gaiman sa capacité à multiplier les thèmes, tantôt mystique, tantôt réaliste, sans jamais tomber dans le hors-sujet. La Bible y est largement exploité, ainsi que les faits divers les plus noirs de l’histoire ou de la culture populaire des Etats-Unis. Des situations volontairement lourdes de sens qui vont de pair avec un casting de personnages que la vie a très (mais alors) très fortement secouée…

Irrévérencieux au possible, Garth Ennis prend un malin plaisir à écrire des dialogues d’une vulgarité sans nom et des scènes d’une violence qui a défrayé la chronique dès 1995. Une attitude libératrice, typique des comics du label Vertigo de l’époque (le Transmetropolitan de Warren Ellis et Darrick Robertson n’est pas loin), qui agit en synergie avec la critique acerbe que propose l’auteur de son pays. Une critique que la présence de John Wayne ou Kurt Cobain ne permet pas d’évacuer, comme un pamphlet dirigé contre une Amérique puritaine qui ferme les yeux sur les horreurs qu’elle a modelé.
Vous l’aurez compris, Preacher est un des indispensables de ce début d’année 2015. Irrévérencieux mais TOUJOURS intelligent, le grand oeuvre de Garth Ennis a marqué une génération de lecteurs par sa liberté d’expression absolue et libératrice. A posséder absolument !

Preacher de Garth Ennis (scénariste) et Steve Dillon (dessinateur), éditions Urban Comics, 28.00 €

Johan

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