L’autre fin du monde – Ibn Al Rabin

C’est l’histoire d’un mec. Gaston Milch, mais ça n’a pas d’importance. Son quotidien est on ne peut plus paisible, abstraction faite du récent décès de sa compagne, compagne qui déambule encore dans son jardin sous forme de fantôme. Milch a bien tenté d’établir un contact, mais la revenante reste obstinément muette, et de toute façon, les fantômes ça n’existe pas. Notre héros en arrive donc à la seul conclusion logique : il est fou. Il s’en remet à un médecin, puis à un psy, le frère de ce dernier s’en mêle tandis qu’on assiste parallèlement aux déboires d’un couple chercheur de trésor et d’un vieil aviateur mort il y a des décennies, et très vite, c’est le bordel. Voilà pour l’histoire.

Qui dit bande-dessinée dit emprunte graphique, et de fait, la première chose qui frappe dans L’autre fin du monde, c’est ses dessins. Très schématiques, similaires aux personnages représentés sur les panneaux de circulation, mais plutôt qu’une longue, fastidieuse et inutile description, regardez donc sur l’aperçu ci-dessous. On pourrait penser qu’il est ardu de transmettre la moindre émotion à l’aide de dessins aussi « basique », mais c’est sans compter sur le génie d’Ibn Al Rabin, absolument virtuose dans l’art du dialogue et de la narration. Chaque réplique est travaillée, toujours très naturelle, délivrée avec un timing parfait, et très souvent hilarante, de cet humour fin et subtil qui caractérise l’auteur. Mais L’autre fin du monde n’est pas qu’une bande-dessiné humoristique, c’est aussi un récit émouvant qui traite de façon très humaine de thèmes comme le deuil ou le pardon. Le découpage, et plus particulièrement la gestion des silences, confère au récit un rythme unique, et renforce les aspects comiques et dramatiques.

Ne vous laissez pas décourager par les quelques mille-cent pages de L’autre fin du monde, ni par ses dessins dont la splendeur n’est pas la caractéristique la plus évidente, car sous une enveloppe qui a de quoi repousser, se cache une véritable perle d’inventivité et d’émotion, ainsi qu’une leçon de bande-dessinée maîtrisée de bout en bout.


L’autre fin du monde d’Ibn Al Rabin, édition Atrabile, 36.00 €

Armand

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