Faillir être flingué – Céline Minard

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Après avoir revisité plusieurs genres littéraire dans ses autres romans, Céline Minard s’attarde avec Faillir être flingué dans l’univers du Western. Comme dans les précédents ouvrages elle le revisite sans jamais le dénaturer, ni le parodier mais en apportant son petit plus par son style dynamique et sa manière de traiter le sujet, avec de l’humour et tout particulièrement ici des êtres en construction. La force de cet ouvrage tient dans ses personnages et le rapport étroit qu’ils vont entretenir avec leur espace.

Accompagné de ses fils, Brad et Jeffrey Mc Pherson, et de son petit-fils, Josh, une vieille femme se prépare à son dernier voyage. Les trois garçons eux sont en quête de la ville de tous leurs espoirs. Ils ont déjà été rejoints par la jeune et étrange Xiao Niu, sortie d’on ne sait où. Zébulon, lui, est seul avec ses lourdes et mystérieuses sacoches. Eau-qui-court-sur-la-plaine n’a plus de passé il a disparu avec tout son village. Maintenant guérisseuse nomade et respectée par toutes les tribus, elle se lie dans l’immensité de la plaine avec Gifford, blanc au bord du désespoir qui attendait la mort comme une délivrance. Lui, son passé le hante : pensant apporter la sécurité avec ses vaccins c’est au final la mort qu’il a amené à toute une tribu. C’est la piste ténue de la petite indienne à travers l’immensité de la plaine qui le maintiendra en vie. Elie, lui, ne se satisfaisant pas de sa condition de piéton volera Bird, homme pourtant déjà maintes fois trompé, qui se lancera à sa poursuite sans répit afin de récupérer son bien. Tous leurs chemins vont croiser les routes de bien d’autres personnes : des indiens comme Orage grondant et sa tribu, des truands comme Quibble et des femmes de caractère comme Arcadia Craig  la contrebassiste ou Sally tenancière de Saloon.

Ce foisonnement de personnages donne une très grande vitalité à tout l’ouvrage. Tous sont pris d’un élan qui les saisit et ont dû récemment laisser une part de leurs passés derrière eux. Jamais l’univers dans lequel les protagonistes évoluent n’est limité par une frontière. Cette absence de tracé donne une impression d’immensité à l’étendue traversée. Chacun ici suit son propre destin. On évolue avec eux dans un monde qui n’est pas encore figé, comme leurs personnalités, et on se sent alors partie prenante de la construction du grand ouest.

L’espace dans lequel Celine Minard fait grandir ses personnages s’éclaircit en même temps que se tissent leurs relations. C’est la rencontre des hommes qui fait de ces lieux disparates un seul et même espace avec pour épicentre : la ville.Cette dernière, dans laquelle tous leur destins vont se croiser, a déjà un passé mais est toujours en construction. Cette ville d’ailleurs ne possède aucun nom, pas de panneau à la Lucky Luke annonçant un destin tragique aux voleurs ou bien le refus d’accueillir des étrangers. Elle va au contraire s’avérer être le lieu de résolution des conflits. C’est donc de là qu’une géographie humaine et physique se dessine.

À travers les forêts, les déserts, les cours d’eau et l’immensité de la plaine Céline Minard nous entraîne dans une chevauchée exaltante à la rencontre des bons, des brutes, des truands et des femmes de caractères du grand ouest naissant. Dans ce tout jeune far-West, tout est à construire et chacun cherche sa place.


 Faillir être flingué, Céline Minard, Editions Rivages, 20 €

Baptiste

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