La Harpe de Birmanie – Michio Takeyama

Voilà une découverte que je dois à ma collègue. J’aime beaucoup la littérature asiatique, japonaise en particulier, que ce soit Mishima, Murakami (Ryu et Haruki) … et il n’en a pas fallu beaucoup pour que je me jette sur cet auteur dont je ne savais rien : Michio Takeyama. Et plus particulièrement sur son roman le plus célèbre La harpe de Birmanie, publié dans la collection Motifs du Serpent à Plumes (R.I.P.).

On y suit une compagnie japonaise, perdue dans la jungle birmane à la fin de la seconde guerre mondiale, coupée de tous alliés. Pour tenir dans un contexte de guerre, ces hommes mobilisés pour défendre le pays -enfin défendre … – se sont montés en compagnie musicale, avec des instruments faits de bric et de broc. Ils lient entre eux une amitié et une fidélité tenace qui décidera de leur sort.

Assez rapidement, ils se font intercepter par une compagnie anglaise qui leur apprend la reddition japonaise et leur fait comprendre qu’il y a eu assez de morts inutiles et qu’il est temps d’arrêter les frais. Une autre compagnie japonaise perdue dans la montagne semble moins disposée à déposer les armes et  Mizushima est alors délégué par les anglais pour aller parlementer avec cette compagnie, incarnation de l’esprit de résistance japonais.  Et c’est la dernière fois que ses amis le verront. De dos, avec sa harpe. Jamais il ne les rejoindra dans leur camp où ils l’attendent au final plus qu’ils n’attendent des nouvelles pour rentrer au pays…

Qu’est ce qui fait l’intérêt de ce roman ?  Le sujet, le traitement, les personnages. Un peu tout en fait. Beaucoup, plutôt.

Ces musiciens-soldats espèrent, continuent à jouer de la musique, à observer les visiteurs du camp à la recherche de leur ami.

Le récit est donc celui de la compagnie, de ce qu’ils ont vécu, de ce que la musique leur a apporté, de ce Mizushima séparé de ses compagnons. Mais aussi celui de l’opposition de la rigueur japonaise et de la culture birmane, essentiellement bouddhiste, tournée vers le bonheur etc. Et pour moi c’est probablement l’un des points les plus intéressants de ce roman : on y découvre une culture sans même s’en apercevoir.

Et ajoutez à cela la musique, une musique que vous ne pourrez pas ne pas imaginer et qui vous accompagnera tout au long du récit, de la harpe, mais pas seulement, le chant, les instruments étranges…

La maestria avec laquelle Takeyama rend de cette période compliquée, de ces cultures mais aussi ses transitions fluides entre passé, présent, personnages au fil du récit valent le détour.

Une chose est sûr, il est difficile de revenir de cette lecture inchangé.


La Harpe de Birmanie, Michio Takeyama, Le Serpent à plume (Motifs), 7,10 €

Quentin

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