La tristesse du Samouraï – Victor Del Arbol

La tristesse du Samouraï

Le prologue donne le ton. Quelques pages annonçant d’ores et déjà le caractère tragique du roman. Maria est hospitalisée, atteinte d’une maladie mortelle aux chances de guérisons particulièrement faibles, son père a complètement perdu la mémoire. Les deux derniers représentants de la famille Bengoechea ont tous deux un pied dans la tombe. La finalité d’une série de faits qui les dépasse, et qui prennent leur source 40 ans en arrière.

C’est donc à travers un roman rétrospectif que Victor Del Arbol entreprend le récit de ces destins brisés, marionnettes sacrifiés une à une sur l‘autel de la vengeance. Car s’il est un thème présent en ces pages, c’est bien celui de la vengeance.  Le récit est parfaitement maitrisé, les personnages progressent vers leur destin d’abord par volonté, puis par fatalisme, l’illusion du contrôle s’effondrant peu à peu. Conscients de n’être que des pantins, les liens du sang font des personnages des ennemis, par hérédité ou par contrat.

L’auteur nous présente deux époques, qu’il aborde tour à tour. L’une en 1941, au début du franquisme, l’autre en 1981, peu après la mort du Caudillo. Si dans un premier temps les deux parties évoluent lentement et indépendamment, posant les bases de l’histoire, les liens entre elles se multiplient, et un phénomène de cause à effet frénétique et inexorable se met rapidement en place, faisant monter la tension jusqu’à un final passionnant. En bon polar, La tristesse du samouraï est riche en révélations de dernier instant et en revirements bluffant.

« Le pouvoir a pour objet le pouvoir ». Et il légitime aisément les entreprises les plus folles. Victor Del Arbol dresse en toile de fond un portrait politique de l’Espagne sur plusieurs dizaines d’années, et à travers le personnage de Publio, personnifie le phalangisme sous Franco.

Une écriture fluide et claire emprunte de dialogues sombres et puissamment humains vient lier le tout, et achève de conférer à La tristesse du Samouraï le statut de polar d’exception.


La tristesse du Samouraï, Victo Del Arbol, Acte Sud, 8,70 €

Armand

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