Et devant moi le monde – Joyce Maynard

Avant toute chose, je dois vous prévenir : je suis une immense fan de Joyce Maynard depuis que j’ai lu son autobiographie Et devant moi le monde. Voila, c’est dit.

En 1972, le New York Times Magazine publie un article sur la jeunesse de l’époque, écrit par une Joyce Maynard d’à peine dix-huit ans. Article qui va rencontrer un succès inattendu. Joyce, qui n’a jamais connu d’homme et qui n’a jamais eu de relation, va recevoir une lettre du grand J.D.Salinger, 53 ans. Elle qui n’a pas lu une ligne du phénomène qu’a été L’Attrape-Coeurs à sa sortie près de vingt ans auparavant, va entamer une correspondance avec cet homme mystérieux qui a tout quitté après avoir connu la gloire, pour aller vivre en ermite, loin de tout le monde.

Cette autobiographie est à mes yeux la plus grande réussite littéraire de Joyce Maynard. Elle a beau avoir écrit plusieurs romans, des très bons même, rien n’arrivera jamais à la cheville de son histoire personnelle et de la façon dont elle la raconte. Il faut vraiment contextualiser tout ça : on a affaire à une jeune fille de dix-huit ans qui va rejoindre un homme de l’âge de son père pour vivre avec lui une relation amoureuse, loin de sa famille et de ses amis. Et cet homme, ce n’est pas n’importe lequel. C’est un des plus grands écrivains américains, un des plus mystérieux qui vit loin de toute civilisation malgré le fait qu’il soit adulé par beaucoup. Elle le rejoint, il la fascine et ils vont rester ensemble pendant un an.

Maynard raconte son histoire avec ses yeux de jeune fille, mais analyse sans arrêt avec son esprit d’adulte. Elle nous fait découvrir un Salinger désagréable et lunatique, un homme réellement détestable, mais elle ne l’enfonce jamais. On ressent toujours ce profond respect pour l’homme qui l’a fait devenir adulte, qui lui a appris tant de choses. Et toute l’ambiguïté est là : cet homme qui l’a tant fait  souffrir, qui l’a ignorée, qui l’a rejetée, elle ne peut s’empêcher de l’admirer. Et c’est ce qu’il y a d’étrange dans ce livre. Elle nous raconte une histoire d’amour qui a échoué, qui a fini dans les larmes et la rancœur pour elle, dans l’indifférence pour lui, et pourtant, on ne peut s’empêcher de rêver vivre une histoire comme celle-ci.

Si je n’avais qu’une chose à vous dire, je vous conseillerais de lire la jeunesse de Joyce Maynard. C’est fascinant, ça se lit comme un roman et on y découvre toute une époque, une façon de vivre et l’homme mystérieux et inconnu qu’est J.D.Salinger.


Et devant moi le monde, Joyce Maynard, Editions 10/18, 9.10€

Zoé.

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