Le costume du mort – Joe Hill

9782253087861-T

J’ai découvert Joe Hill avec son excellent comics Locke and Key paru chez Milady Graphics et qui sera probablement le sujet de ma prochaine chronique, mais après cette jouissive lecture j’ai eu envie d’explorer avec lui de nouvelles contrées. Je suis donc remonté à la source, à son premier roman : Le costume du mort.

Jude (Judas Coyne) est une star du heavy metal qui tire sur la cinquantaine. Depuis que le groupe s’est rangé à la mort de deux de ses membres, Jude partage sa vie entre Danny (son infatigable agent, manager, conseiller, fan…) Marybeth, alias Georgia, sa petite amie gothique (de 30 ans plus jeune que lui) ses chiens et sa curieuse passion pour les objets insolites. Des reliques toutes plus étranges les unes que les autres peuplent son ranch : dessins de meurtrier condamné à mort, crâne de trépané, échiquier satanique… de toute façon, il ne croit pas en grand-chose, peut être au diable, à moins que ce ne soit que pour le fun. Alors, quand arrive la proposition d’acheter le dernier costume d’un mort livré avec son fantôme, c’est presque tout naturellement, et avec le flegme du collectionneur sceptique, qu’il l’acquiert pour la modique somme de 1 000 $. Mais à trop vouloir jouer avec le démon, il semblerait que celui-ci finisse toujours par vous rattraper. Hanté par le mort et son propre passé, Jude doit alors fuir pour sauver sa peau à défaut du reste…

Ce bref aperçu de l’histoire ne vous résume que les toutes premières pages du roman. Très vite, Joe Hill nous emmène à la frontière entre le réel, le fantastique et l’horreur, puis bascule pleinement dans deux de ces catégories (je vous laisse deviner lesquelles…). J’avoue avoir un peu peiné dans ma lecture jusqu’à ce tournant du récit. Le début traîne, la psychologie du « héros » et son rapport avec Georgia (qui va heureusement évoluer et se révéler pleine de surprises) sont parfois trop accentués. Certes, les anecdotes sont angoissantes (voir un peu trash), mais au final peu utiles et elles alourdissent quelque peu le récit.

Mais arrêtons là les mauvais points car dès les premières pages il y a du génie. Les descriptions du surnaturel, l’apparition du fantôme aux yeux rayés (je frissonne encore de cette première description), n’est pas sans rappeler papa (car oui, Joe est le fils de Stephen King… on ne renie pas ses origines) mais aussi H.P Lovecraft. Comme il saura le montrer plus tard, il a été à bonne école. On n’échappe pas à quelques clichés comme le road-trip (on est en Amérique que diable), mais loin d’être ennuyeux ce départ apporte un nouveau souffle au récit. A partir de ce moment-là j’aurais bien aimé ne pas pouvoir lâcher ce bouquin (mais pourquoi diable faut-il aller travailler) et des éléments incongrus du début ont fini par trouver leur place.

Au final si ce roman n’a pas encore pour moi la géniale construction narrative qui fait le succès de Locke and Key, cela reste un roman addictif. On découvre déjà l’amour de Joe Hill pour les relations ambiguës, son souci de donner de l’importance à chaque détail et sa capacité à nous tenir en haleine. Une fois qu’on a été mordu on ne veut plus dormir, on frissonne, on a peur, on angoisse, on ne veut pas poser ce livre et une fois que c’est fait on hésite à éteindre la lumière…


Le costume du mort, Joe Hill, Livre de poche, 7€60.

Baptis

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