Le Bois Duncton – William Horwood

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Le Bois Duncton. Un monument. Une montagne. Sans doute plus, bien plus.

Comment caractériser un récit d’une telle ampleur ? Comment trouver les mots pour une histoire d’une telle force ? Comment, tout simplement, décrire ce qui doit se vivre ?
Un épais volume de 750 pages, une couverture douce et délicatement gaufrée, un décor pour le moins boisé. Et des taupes entre les pages.
Le Bois Duncton, un des sept grands réseaux souterrain, est protégé par la Pierre, qui lui apporte sa bénédiction et sa bienveillance. Mais un jour le terrible Mandrake, la plus grosse taupe qu’on ait jamais vu, prend possession du réseau par la force en tuant aisément ses quelques défenseurs. Sous sa coupe, le culte de la Pierre est interdit et le réseau perd lentement de sa grandeur. C’est dans ce contexte délicat que viennent au monde Brin-de-Fougère et Rebecca, deux jeunes taupes dont la rencontre va faire vibrer la corde du destin.

Le Bois Duncton est le premier roman d’un britannique nommé William Horwood. Alors agé de 36 ans, le jeune Horwood n’imagine pas que son histoire va lui permettre dès sa sortie de vivre de sa plume et de continuer l’écriture. Cette histoire est une épopée. Elle possède la force, la rudesse et la violence des grands textes de jadis.
Vous pensiez que le Roi Arthur avait eu du mal à tenir son royaume ? Découvrez toute la complexité politique d’un territoire creusé sous une colline sacrée. Vous pensiez qu’un homme comme Ulysse avait eu du mal à rentrer chez lui ? Suivez les traces du voyage impossible de deux taupes à travers la terreur et les landes désolées. Vous pensiez que les travaux du demi-dieu Hérakles étaient les plus grandes épreuves conçues par des dieux ? Tremblez devant le destin d’un élu de la Pierre. Peut-être même pensiez-vous que Gilgamesh, le légendaire roi-héros, avait accompli la quète ultime en voulant percer le secret de l’immortalité ? Il vous reste encore à lire comment la mort, la guerre, l’amitié et l’amour vont conduire deux êtres à tout sacrifier, ou presque, pour faire revenir la paix de la Pierre sur leurs communautés.

C’est une lecture incroyable que celle-là. Au delà même de son audace et de son intelligence, c’est la puissance des émotions qu’elle transmet qui est ahurissante. Rien ne nous est épargné. Les combats font rage pour la domination des galeries, la mort et le sang pleuvent pour la possession d’une femelle. C’est une guerre que nous avons sous les yeux, une guerre entre la tradition et le déni, entre le respect et l’arrogance. Un chef de guerre impitoyable, des féaux prêt à toutes les bassesses pour s’attirer ses faveurs. Un fils renié dont la volonté de vivre lui vaudra le malheur. Des mères qui perdent leurs enfants, des enfants qui pleurent leur mère. Une société amorphe et déliquescente, où le sectarisme et le racisme forcés l’entraînent sur une pente dangereuse. Et au milieu, l’espoir… Pas un espoir gratuit, pas de deus ex machina. Simplement la vie, si belle, si brillante, que tous comprennent qu’il faut se battre pour elle, quitte à tout miser, quitte à tout perdre. Et des taupes entre les pages.

Peut-on autant sublimer la nature de l’homme en observant des taupes ? Lisez Le Bois Duncton


Le Bois Duncton, William Horwood, L’Atalante, 25,00€.

Valmon

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