La petite lumière – Antonio Moresco

Derrière cette couverture jaune toute simple, sans illustration, juste un titre, un nom d’auteur, inconnu au bataillon et la signature typique des éditions Verdier  se cache un petit bijou. Pépite de la rentrée littéraire 2014, La petite lumière, d’Antonio Moresco est un petit ovni tout droit venu d’Italie, une vraie bonne surprise comme on aime en avoir. La petite lumière  est le huitième roman de Moresco, mais le premier à être traduit dans la langue de Molière.

Le roman est court, aussi je ne m’attarderais par sur l’histoire, pour vous laisser le plaisir de la découverte. Je vous dirais simplement que l’on suis un ermite, dans son village sinistré. Homme que la solitude semble satisfaire. Mais une lumière qui apparaît chaque nuit, à la même heure, là où il devrait ne rien y avoir l’intrigue et va le bousculer dans sa vie toute simple. Et, je peux aussi vous dire que le dénouement est amené avec une maestria grandiose.

Non vraiment, ne passez pas à côté de ce texte. D’ailleurs, qu’est ce que c’est comme texte, au final ? Est-ce vraiment un roman ? Ne serait-ce pas une fable ? Un conte philosophique ? Chacun peut y aller de son interprétation, après tout. D’ailleurs,à la librairie on l’a tous lu et on a tous une interprétation différente. Lesquelles ? Hey oh, faut pas pousser le bouchon trop loin ! Faudrait spoiler pour argumenter. Et puis, ça vous influencerait dans votre lecture, alors c’est hors de question ! Comme on le dit à ceux qui nous demande de leur en parler : « on ne vous dira rien de plus, juste lisez-le ! ». Ouais, ça marche.

Comment ça, il vous en faut plus ? Bon, d’accord.

Le narrateur est donc un ermite. il vit seul dans son petit village complètement en ruine – et sa maison n’est pas dans un bien meilleur état – à profiter pleinement de la solitude, de la nature. Mais il y  a cette lumière de l’autre côté de la montagne qui l’intrigue. Il ne devrait pas y avoir quoi que ce soit par là. alors bon, il essaye bien de scruter l’horizon à la jumelle mais, honnêtement il aurait pu se douter que ça ne suffirait pas, hein. Alors il finit par se décider à partir en exploration et il découvre une maison, perdue dans la montagne, et dedans, uniquement un enfant, seul, sans parents. Qui fait à manger et fait ses devoirs. Alors il a bien trouvé l’origine de la lumière, mais ça n’a fait que renforcer sa curiosité. Qui est ce gamin ? Pourquoi semble-t-il vivre la nuit ? Et, sérieusement, pourquoi est-ce qu’il n’y a pas un adulte à 5 kilomètres à la ronde ? Répondre à une question, c’est en soulever une multitude d’autres. Auquel le narrateur va chercher des réponses. Le lecteur aussi.

Respect, curiosité, échange, apprentissage, sont les maîtres mots de ce texte.

Bon allez, ça suffit pour l’histoire. je vous en ai déjà trop raconté. Ah oui et, bien sûr, je présente ça de cette façon, mais c’est pour garder intact le style du texte, que vous puissiez, le déroulement de l’histoire …

Au niveau du style, rien à reprocher, il est au service de l’histoire et non pas l’inverse. C’est beau, c’est poétique, parfois dur, à tel point que j’ai quand même du mal à croire qu’il ai fallu attendre autant pour que Moresco soit traduit dans notre langue. Espérons que Verdier continuera à le traduire et qu’à terme on puisse lire toute son oeuvre, sans avoir à apprendre l’italien. D’ailleurs, bien que je ne lise pas l’italien, je pense que la traduction ne devait pas être simple et que Laurent Lombart a réalisé un très bon travail, rendant le texte probablement aussi captivant en français qu’en italien.

Bon, après, peut être faut il éviter de le lire en pleine déprime … mais peu importe, le texte est tellement beau, tellement bien mené.

Ce roman s’inscrit dans un cycle dont un autre roman va paraître pour la rentrée littéraire prochaine, toujours chez Verdier sous le titre Fable d’amour. Autant vous dire que j’attends avec impatience de pouvoir le lire ! 

Pour la forme ( et vous donner envie de vous plonger dedans, si ce n’est pas déjà fait ), quelques extraits :

« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant […] pas un signe de vie humaine. Excepté, quand l’obscurité se fait encore plus épaisse et que les première étoiles commencent à paraître, […] chaque nuit, chaque nuit, toujours à la même heure, cette petite lumière qui s’allume soudain. »

« On ne comprend pas ce que c’est, cette petite lumière, encore moins qu’en la regardant à l’oeil nu. On ne comprend pas si c’est une lumière qui filtre d’une fenêtre ou bien un réverbère, suspendu à un câble. Et pourtant on dirait qu’elle grandit de plus en plus en intensité, on dirait qu’elle palpite. […] « Il faut que j’aille là-bas…, je me dis encore, en continuant à regarder cette petite lumière  […]. Il doit bien y avoir une route, un chemin pour arriver là-haut !  » « 

Sur ces belles paroles. Je vous laisse découvrir ce texte de 124 pages.


La petite lumière, Antonio Moresco, éditions Verdier, 14€.

Quentin

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :