Locke & Key – Joe Hill/Gabriel Rodriguez

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Comme promis dans ma dernière chronique, voici une petite critique mais surtout une invitation à lire Locke & Key de Joe Hill paru chez Milady. Avec le costume du mort (son premier roman) nous avions découvert les prémices de son univers, mais c’est avec cette série (en 6 volumes, tous publiés) qu’il donne toute sa mesure. Mais tout d’abord, l’histoire.

Tyler, Bode et Kinsey Locke vivent les questions liées à leurs âges respectifs. Pour Tyler et Kinsey  ce sont celles de l’âge ingrat de l’adolescence (qui suis-je ? Mais qu’est-ce que je fous là ?…) et pour Bode, celles plus naïves et touchantes de l’enfance. Cette page de leur histoire se déroulait plutôt normalement, mais c’était sans compter sur le meurtre de leur père, assassiné sous leurs yeux par un des jeunes dont il était le conseillé d’orientation. Réfugié à Keyhouse, une ancienne maison de famille située dans la petite bourgade de Lovecraft, les Locke survivants (la mère et les enfants) tentent d’affronter, chacun à sa manière, l’horreur de ces derniers jours. Mais des faits étranges ne cessent de troubler le repos des survivants en même temps que d’étranges clés font leur apparition. Keyhouse semble habitée par un écho du passé qui ourdie une sombre revanche… Et si tout ceci n’avait rien du hasard ?

Vous voilà parti pour dévorer les 6 volumes d’une série complètement addictive (probablement celle qui m’a le plus fait attendre l’arrivée des nouveautés) car il ne s’agit pas juste d’un récit d’horreur. Derrière les pages sanglantes se cache également un mystère que les enfants comme le lecteur vont devoir résoudre. De de même que les doutes existentiels des enfants Locke vont se mêler sans cesse à l’histoire de Keyhouse, Joe Hill entrelace avec brio horreur et enquête dans un récit porté par une tension permanente. En ce sens et en bien d’autre (comme une utilisation remarquable de ce que peut apporter la forme de la bande dessinée à la narration) Joe Hill prend son envol par rapport à son père (Stephen King). On le pressentait déjà dans son premier roman mais c’est encore plus flagrant ici (d’ailleurs la ville ne s’appelle pas King mais bien Lovecraft… Un joli clin d’œil). Le récit et la narration sont d’un équilibre qui relève du génie. Joe nous livre juste ce qu’il faut d’horreur, d’énigmes et d’informations pour nous faire avancer. Au fil de la lecture enfiévrée (si si, je vous assure) vous vous rendrez compte que chaque élément, chaque étrangeté trouve sa place dans le récit. Les flash-back présents l’air de rien dans le premier volume, comme le séquençage sont autant d’indications et de pistes à explorer. Le travail du dessinateur Gabriel Rodriguez est remarquable de complémentarité avec le script de Joe Hill. La maison qui prend forme au détour des pages devient très vite le personnage central de l’histoire et la formation d’architecte de Gabriel  vous entraine en complète immersion avec les personnages dans les recoins obscurs de Keyhouse et à la rencontre du monstre caché derrière chaque porte…

Une fois commencé vous ne pourrez plus vous arrêter. Mais ne vous y trompez pas, Joe vous emmène vous confronter à vos propres peurs et c’est lorsque vous pensez avoir compris qu’il vous reste encore pleins de choses à découvrir…


Baptiste

Locke & Key,  Joe Hill/Gabriel Rodriguez, Milady Graphics, (6 volumes) 19.90 €.

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