Roverandom – J.R.R Tolkien

Roverandom

Si Bilbo le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux ont fait la notoriété de J.R.R Tolkien, l’oeuvre de l’écrivain anglais n’est pas limitée à la seule Terre du Milieu. Outre ses Lettres du Père Noël, réédité en 2013, on lui doit également un joli conte daté de 1925, composé pour consoler l’un de ses fils disponible aux éditions Pocket.

Rover est un jeune chiot insolent qui s’en est pris à la mauvaise personne le jour où il a mordu un sorcier qui eu l’outrecuidance de ramasser SA balle. Ni une ni deux, ce dernier le transforme en un jouet qui n’est plus qu’une pâle version de plomb de lui-même. Sous sa nouvelle forme, le chiot est vendu et devient la propriété d’un jeune garçon du nom de Fistondeux (!) qui le perd lors d’une promenade à la mer. Rover est ravi, lui qui tente chaque nuit de s’enfuir depuis qu’il a appris que les jouets prennent vie au crépuscule. Il fait alors la connaissance d’un sablesorcier, Psamathos Psamathidès, qui l’envoie prendre son destin en main à dos de goéland sur la Lune, car il semble bien exister un moyen pour Rover de redevenir un animal de chair et de sang…

Roverandom trouve son origine dans un contexte particulier. A la manière des Lettres du Père Noël, Tolkien l’a rédigé pour ses enfants et plus particulièrement son second fils, Michaël (Fiston-deux, pour ceux du fond qui n’écoutent rien). Celui-ci vient en effet de perdre son jouet préféré le long d’une plage, un chien miniature en plomb. Pour le réconforter, Tolkien invente Roverandom, dont le récit est ponctué de références au séjour de la famille sur les plages de Filey en 1925 si l’on en croit les souvenirs de ses enfants.

Rédigé à partir de différents manuscrits, Roverandom est un texte à l’équilibre précaire qui souffre d’un rythme pour le moins chaotique. Tolkien n’a en effet pas été en mesure de figer son récit. Pourtant, force est de constater qu’il génère une émotion certaine. Tolkien touche plus que jamais à cet imaginaire du conte de fée qu’il rejettera par la suite. Roverandom préfigure déjà Bilbo le Hobbit avec un Grand Dragon Blanc qui rappelle Smaug et une colonie d’araignées que l’on retrouvera plus tard dans la Forêt Noire. Tolkien y fera référence à plusieurs reprises, dans Le Seigneur des Anneaux notamment lorsque Fraudon fredonne (!) une chanson dédié au Lunehomme de Roverandom dans l’auberge de Brie.

Il s’agit d’un texte plein de poésie, qui touche par une innocence proche d’un Petit Prince. D’un conte au sens premier du terme, universel, qui traite du deuil et de la solitude sans omettre une touche d’humour. Si l’on peine à reconnaître le style de Tolkien, il convient de garder à l’esprit que l’écrivain est encore loin d’être celui qu’il est appelé à devenir. La simplicité de Roverandom est une force qui véhicule des émotions diverses au travers de sa naïveté. A ce titre, il doit être pris pour le conte qu’il est et non comme « une oeuvre de l’auteur du Seigneur des Anneaux« . Ici, pas (ou peu) de ténèbres, mais le voyage initiatique d’un jeune chiot dans un univers merveilleux unique dans la bibliographie de Tolkien.

Qu’on se le dise, Roverandom n’a rien d’un indispensable. Ce n’est qu’un conte bien écrit de plus, qui résonnera sans mal dans le cœur d’un enfant et d’un grand nombre d’adultes, un conte tout droit sorti de l’esprit d’un homme d’un autre âge, qui influencera bientôt (dans un tout autre registre) la littérature mondiale…


Roverandom, J.R.R TolkienPocket, 6.20€

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