Trainspotting – Irvine Welsh

« La vie est rasoir et inutile. Au départ, on est plein de rêves extraordinaires puis on se retrouve assis dessus. On se rend compte qu’on va tous y passer sans avoir vraiment trouvé les grandes réponses. On prend au sérieux toutes leurs théories à cent litres de salive à l’heure et, en fait, c’est nos propres vies qu’ils nous servent mais sous d’autres formes. Et jamais ils nous ont musclés les pattes avec des trucs cohérents sur les vraies grandes choses. En deux mots, ta vie est courte, décevante et ensuite tu meurs. On occupe nos vies avec de la merde, comme les carrières et les relations, pour nous faire croire que tout n’est pas totalement inutile. »

Ce passage de Trainspotting résume assez bien son propos général. Irvine Welsh nous plonge dans un Edimbourg des années 80-90, avec une bandes de jeunes camés qui passent leurs journées à se droguer, à faire des plans pour se sevrer, à essayer de décrocher, pour finir par retomber toujours plus profond. Welsh est un de ces conteurs qui ne font pas de cadeaux à ses lecteurs, ne leur épargnant aucune scène de défonce où d’hallucination. Sa force réside dans son écriture, brute, trash et sans aucune censure. Alors bien sûr, on ne peut recommander ce livre aux âmes sensibles. Avec son ambiance morbide, crasseuse et purulente, on ne s’attend pas à un happy end. On voit ces personnages sombrer, les uns après les autres, dans tous les sens du terme. Certains meurent, d’autres non.

La lecture peut être éprouvante parfois, mais c’est le but recherché. Et c’est ce qui la rend intéressante. Les limites du lecteur sont poussées au maximum et on arrive quand même à en retirer une certaine satisfaction. Non pas qu’il faille être dérangé(e) pour apprécier le roman. Seulement, c’est dans ses retranchements les plus extrêmes que l’on arrive à avoir un vrai ressenti, une vraie émotion qui se dégage.

Welsh nous emmène en balade avec cette bande d’écossais, on s’attache à eux sans vraiment comprendre pourquoi. Ils nous amusent, nous exaspèrent mais au final, on est heureux d’avoir partagé du temps avec eux. Et une fois le livre terminé, on a envie de retrouver cette ambiance, aussi glauque soit-elle.

Et ça, c’est ce qui s’appelle avoir du talent.


Transpotting, Irvine Welsh, Editions Points, 7.90€

Zoé

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