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Archives Mensuelles: août 2015

coeur du probleme

En plein cœur de la rentrée littéraire, nous nous perdons aisément dans les méandres des parutions. Heureusement, nous sommes là pour vous aiguiller, avec notamment ce petit livre qu’il vous faut découvrir.

Christian Oster, c’est avant tout un auteur qui maîtrise à la perfection la langue française et sa grammaire, ce qui donne lieu à un style littéraire hors norme qui va vous faire perdre vos repères. Ce fut mon cas, mais loin d’en être éprouvé, j’ai trouvé cela parfaitement adapté à l’histoire du roman.

Alors qu’il mène une vie normal, Simon rentre un soir chez lui et découvre un homme mort dans son salon, la balustrade de l’étage éventré. Loin d’être paniqué, il décide de chercher sa femme, Diane. Celle-ci se trouve à l’étage et tandis qu’elle prend tranquillement son bain, Simon lui pose des questions, essaie de comprendre la situation. Sa femme n’est pas bien bavarde, elle élude ses questions et donne des réponses au compte goutte. Bien vite, Simon comprend que sa femme le trompait avec cet homme depuis un long moment, et après avoir insisté, elle lui apprend qu’il était devenu violent et qu’elle l’a poussé par dessus la balustrade. Diane fini par sortir du bain, se rhabiller puis lui annonce qu’elle s’en va et lui laisse le soin de gérer tout ça.

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La France a encore le Général de Gaulle pour président, l’Algérie est en pleine révolte et l’OAS – l’Organisation Armée Secrète lutte pour que celle-ci reste française, n’hésitant pas à employer le terrorisme à grande échelle et pratiquant l’assassinat politique. C’est dans ce conteste qu’évolue Emile Choulans, le jeune narrateur de cette sordide histoire. Et l’horreur ne se trouve pas là où l’on s’attend à la trouver. Chaque soir après l’école, c’est dans le petit appartement familial que se joue un jeu tragique, une sinistre pièce de théâtre où chaque rôle est soigneusement préparé. Chaque soir le Père, cette entité, éduque le fils dans les plus belles valeurs que peut avoir la France, la révolte ou non, mieux, la révolution. Patriote et ludique sauf qu’il s’agit ici de résister à une Algérie qui se libère d’une France colonialiste. Malaise. Chaque soir les coups de ceinturons aident l’enfant à mieux comprendre pourquoi quand son attention faiblit.

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Cette chronique contient beaucoup trop de mots pour un ouvrage qui n’en a pas un seul, mais, que voulez-vous, je ne sais pas dessiner… C’est un des avantages de la bande dessinée que de pouvoir s’appuyer sur son dessin pour nous parler autrement que par des phrases. Là où vont nos pères de Shaun Tan est certes une bande dessinée muette mais cela ne l’empêche pas de nous raconter une histoire de façon si magistrale.

Cela commence à l’intérieur de la couverture où des visages de toutes tribus, langues, peuples et nations (comme dirait la Bible) vous regardent ; une diversité incroyable et belle. Avant même que l’histoire ne commence, vous voici marqués par ces regards, en voyage sur tous les continents, avec tous les âges et toutes les couleurs de peau. Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises. A ces visages succèdent des vignettes qui vont vous présenter le protagoniste principal, un jeune père de famille entouré des siens. Sa femme et sa fille l’accompagnent sur le quai de la gare pour son départ vers l’inconnu. Notre homme fuit une ville où rode l’ombre de l’oppression. Après un voyage peu confortable et une étude rigoureuse de sa situation par une administration sans visage et dont le langage nous reste très hermétique (on se croirait de retour à Ellis Island) arrive la rencontre avec son nouveau pays. Ici, rien, absolument rien, ne lui (ne nous) est familier, tout est étrange : les animaux, les moyens de transport, les symboles, les outils, les logements… On se pose mille questions devant le fourmillement de toutes sortes de choses insolites. Par la suite, à travers les épreuves et les rencontres, notre personnage va néanmoins s’approprier cet univers mirifique.

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) Depuis le début, depuis Aberlaas et l’extrême-aval, je ne sais combien de fois cette situation s’était répétée.

-La vraie ?

-Oui, la vraie.

Nous étions de passage dans un village d’abrités, et un homme, fasciné à la vue de notre groupe, avait entamé le couplet habituel. Je pris sur moi de répondre aux questions que j’anticipais par avance. Oui nous étions la Horde du contrevent, trente-quatrième du nom, menée par le légendaire neuvième Golgoth. Oui nous avancions depuis plus de trente ans à la force de nos seuls corps contre stèche, choon et même furvent, dans l’espoir d’atteindre un jour l’extrême-amont.

Une fois sa curiosité assouvie, l’homme eu un dernier regard pour la horde et s’éloigna.

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La rentrée de Gallmeister est bonne. Très bonne. Bon, il faut aussi avouer qu’ils nous ont rarement déçu. Et ils nous reviennent avec du lourd. Du très très lourd. L’Oiseau du Bon Dieu de James McBride.

Grand roman américain qui décrit l’époque qui a précédé la guerre de sécession, L’oiseau du Bon Dieu nous place en 1856 en compagnie d’Henry Shackleford, jeune esclave noir de douze ans. Il vit une vie plutôt tranquille malgré sa condition, jusqu’à ce que John Brown débarque en ville avec sa bande. John Brown, dit Le Vieux ou Le Capitaine, est un vieux fou, très croyant, qui s’est mit en tête de libérer les Noirs de leur condition d’esclave.

Henry, très vite rebaptisé l’Échalote, se retrouve donc libéré malgré lui et embarqué avec le Vieux qui le prend pour une fille. Devant s’habiller d’une robe et d’un bonnet, il raconte son épopée en compagnie du Capitaine. Il deviendra très rapidement son porte-bonheur et sa protégée. Devoir se faire passer pour une fille se révèle beaucoup plus sûr pour le petit Henry, il ne devra pas prendre les armes pour se battre, ni porter de choses trop lourdes. Tout le monde sera même aux petits soins pour lui !

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Vin est une jeune femme qui a toujours vécu dans les rues de Luthadel, capital de l’Empire Ultime, gouvernée par le Seigneur Maître depuis plus de mille ans. Dans une société totalement stratifiée entre les nobles, dont la plupart pratiquent une magie basée sur l’absorption de métaux, l’allomancie, et les skaa, serfs surexploités sans velléités apparente de rébellion. Mais une rencontre avec Kelsier, le plus renommé des voleurs, va changer sa vie.

Brandon Sanderson est, pour moi, le nouvel auteur de fantastique de ce début de siècle. Touche à tout, il a écrit des livres jeunesses (Alcatraz, présenté il y a quelque mois par votre serviteur), des livres d’ado (Coeur d’acier, dont je parlerai un jour) et il a repris le cycle de La Roue du Temps (vu que je n’ai pas dépassé le premier tome et qu’il y en des milliards avant d’arriver à ceux de Sanderson, on va vite oublier). Mais la majorité de ses ouvrages, dont l‘Empire Ultime et ses deux suites, font partie du même monde, Cosmere. Les différents cycles ne sont pas reliés entre eux, mais des anecdotes rappellent les livres antérieurs.

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Peste Chuck PalahniukSi je devais définir les deux éléments qui font qu’un roman m’est destiné, je dirais qu’il doit être à la fois dérangeant et hypnotique. Rien ne me séduit tant qu’un livre qui parvient à me plonger dans un état d’émerveillement à partir d’un élément à la limite de me retourner l’estomac. Le roman du jour, Peste, entre dans cette catégorie. Mieux encore, c’est un roman d’anticipation sociale qui parvient à être drôle, bien que particulièrement acide.

Pour faire court, l’anticipation sociale est un genre littéraire qui exacerbe les problématiques de notre réalité pour mieux les dénoncer, et qui a la particularité de mettre en scène des personnages représentatifs des mutations de la leur. Ici, c’est Buster Casey, alias Rant, qui nous intéresse. Peste est la biographie orale (exercice très apprécié outre-Atlantique, qui consiste à dresser le portrait d’un individu en interrogeant ceux qui l’ont côtoyé ) de ce supposé génie du mal, patient 0 d’un virus mortel, meurtrier de masse et pourfendeur de l’ordre social. De chapitre en chapitre, les témoignages n’ont de cesse de se contredire et dressent le portrait de plus en plus fou d’un homme impossible à saisir, jusqu’à l’inévitable question : qui est Buster Casey ? Ou plutôt, qui était-il ?

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