La Gifle – Christos Tsiolkas

Voici le roman que je recommande pour l’été. Certes, ce n’est pas une nouveauté, mais si vous ne l’avez pas encore lu, vous irez en enfer, vous passez à côté d’un grand moment de littérature !

L’histoire est simple et tient en quelques mots : lors d’un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n’est pas le sien. Et à partir de là, tout va basculer. Les amitiés se fissurent et on ose enfin dire ce que l’on reproche aux autres. Il y a ceux qui sont du côté de Harry, celui qui a donné la gifle, et ceux qui penchent pour Rosie, la mère d’Hugo, 4 ans, qui n’a jamais reçu une claque auparavant.

Le roman se découpe en huit longs chapitres, qui montrent le point de vue d’un personnage différent à chaque fois. Procédé d’autant plus intéressant ici que l’on découvre les différences sociales, culturelles et générationnelles qui opposent nos personnages. Christos Tsiolkas ne nous donne aucune vérité, il n’y a pas de bons ou de méchants dans son histoire. Parce qu’Hugo est un enfant insupportable lors de ce barbecue, que sa mère le surprotège et lui donne encore le sein à son âge. Mais Harry n’est pas un homme violent, surtout envers les enfants. Chaque chapitre nous permet de comprendre le fonctionnement d’un personnage et d’entrer dans son intimité. On découvre des choses que seuls eux connaissent. On apprend leur secrets, ce qu’ils cachent à leurs amis et à leur famille. Et on fini par avoir notre propre idée, notre propre jugement.

En plus d’être un parfait psychologue, Christos Tsiolkas est aussi un écrivain qui sait parler du monde qui l’entoure. Immigré grec en Australie, il nous montre la vie telle qu’elle est. Telle qu’il l’a connue. Et l’Australie est un pays qui fait rêver, mais qui connait aussi pas mal de difficultés. Entre le racisme ambiant, l’alcoolisme et l’usage de drogue, la tableau de rêve en prend un coup. Même là où il y a le soleil et les plages de sable fin, il y a aussi la misère et les problèmes sociaux.

Nos personnages ont tous leur travers. Entre celui qui couche avec sa femme, quitte sa maîtresse et se sniffe un rail de coke et celui qui boit plus que de raison et fantasme sur une gamine, il n’y a pas de personnalité parfaite. Et c’est ce qu’on apprécie dans La Gifle. Un langage parfois cru, des scènes parfois dures et une réalité qu’on ne veut pas s’avouer. Alors oui, parfois la littérature sert à faire rêver. Ici, ce n’est pas le cas. On y voit tous les travers de notre société actuelle (le procès engagé contre cette gifle en est un parfait exemple).

Mais je ne peux que vous conseiller de lire La Gifle. Parce qu’on s’attache quand même à tous ces personnages, aussi tordus soient-ils. Parce qu’au fond, une société parfaite, des gens sans défauts et des amis qui ne connaissent pas de crises, c’est quand même chiant, non ?


La Gifle, Christos Tsiolkas, éditions 10/18, 9,60 €

Zoé

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