Le cas Eduard Einstein – Laurent Seksik

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En attendant la très proche rentrée littéraire, patientons un peu en (re)découvrant les précédentes. Intéressons-nous donc à Laurent Seksik, dont le prochain roman L’exercice de la médecine sort le 19 août prochain.

Le cas Eduard Einstein, paru le 21 août 2013 chez Flammarion, n’est certes pas passé inaperçu à l’époque. Vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, plébiscité par des grands noms de la librairie et du monde littéraire, récompensé par beaucoup de prix et candidat malchanceux sur nombre d’autres, il est ensuite sorti en poche et n’a pas démenti son primo-succès.

Laurent Seksik, l’auteur, fut médecin avant d’être écrivain. Après ses premiers succès littéraires, il va mettre en pause sa carrière médicale pour entrer dans le monde du livre et de l’édition. Passionné par la psychanalyse, il laisse dans tous ses romans une place confortable à la folie, en tant que que maladie atteignant ses personnages ou en tant que toile de fond pour ses théoriciens. Le talent de conteur de Laurent Seksik lui a toujours assuré le succès mais c’est le roman Les derniers jours de Stephan Zweig qui lui vaudra une reconnaissance internationale.

Albert Einstein, figure bien connue du XIXème siècle est considérée aujourd’hui comme l’un des êtres les plus importants de l’humanité. En revanche, le peu que l’on a glané sur sa vie privée n’est généralement pas connu du grand public. Marié à 24 ans, père de trois enfants dont une fille avant-mariage qui a fait fantasmé les historiens, c’est l’histoire avec son fils Eduard qui nous intéresse ici.
Dernier enfant de la famille, il est également le plus touché par la séparation de ses parents alors qu’il n’a que quatre ans. Ayant passé son enfance avec sa mère, il aura des problèmes de communication avec son père.  A l’âge de dix-neuf ans, passionné par Freud il décide de se lancer dans des études de psychanalyse, que son père va réprouver. En effet, Albert Einstein ayant rencontré le médecin autrichien, il considère ses méthodes pour du charlatanisme. Eduard plonge dans la dépression et devient agressif envers son père qu’il tient pour responsable de sa situation. On lui déclare peu de temps après une schizophrénie.

Le roman se concentre sur la relation à distance entre Albert Einstein, le père renommé incapable de comprendre son fils, Mileva Maric, mère éplorée et désespérée, et Eduard Einstein qui va passer plus de trente ans, jusqu’à sa mort, interné dans des centres ou il va subir des traitements tels qu’on les réservait aux fous à l’époque. Une histoire touchante et violente, servie par une langue fluide et une écriture érudite. Les fouineurs trouveront peut-être, cachées entre les lignes, de nombreuses explications aux mystères de la personnalité d’un génie de son époque. Les autres comprendront sans doute la détresse d’un père dont la compréhension de l’univers ne lui permit pas d’aider son fils.
L’une des forces de ce roman est aussi et surtout de ne jamais éclipser le fait que le « héros-victime » de l’histoire est bien Eduard Einstein.

On sait que lorsque Einstein reçut le Prix Nobel de Physique, il en utilisa l’intégralité pour couvrir les dépenses des soins pour son fils. On sait que Eduard mourut seul en internement, oublié de tous et surtout de son père. Explorons une dernière fois avec lui l’antre de la folie.


Le cas Eduard Einstein, Laurent Seksik, éditions Flammarion, 19.00€

Valmon

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