Tungstène – Marcello Quintanilha

tungstene

Au cœur de cette rentrée, deux BD m’ont particulièrement marqué. Comme une des deux parle encore de maladie et que ma dernière chronique sur le sujet n’est pas si vieille que ça (Monsters de Ken Dahl, sur l’herpès) je vais vous parler de la deuxième (je vous réserve donc la maladie de Crohn pour une prochaine fois). Ce sera donc une BD un peu plus détente… Quoique très tendue : Tungstène de Marcello Quintanilha aux éditions Ça et là (qui viennent de fêter leurs 10 ans d’existence pour notre plus grand plaisir).

Pour commencer, replongez-vous dans l’esprit des vacances et imaginez Salvador de Bahia au Brésil ; le soleil, la chaleur, la mer bleue, le sable fin… Ça y est vous y êtes ? Vous profitez de ce petit avant-gout du paradis ? Maintenant incrustez-y un jeune dealer, un vieux militaire aigri à la retraite, une femme maltraitée par son mari, un flic hyperactif (époux de la femme susnommée) et vous voilà bien loin de vos vacances de rêves. Il ne manque plus qu’un élément déclencheur et l’action va pouvoir se mettre en branle sans jamais s’arrêter. Pour ça, quoi de mieux que deux jeunes inconscients avec une barque, des rames, des bâtons de dynamite et des envies de pêche un peu curieuse… Attention ça va faire boum !

Autour de ces quatre personnages principaux, Marcello Quintanilha, nous livre une vision du Brésil d’aujourd’hui, loin des cartes postales et des vacances de rêve. Baignade et doigts de pied en éventails sont remplacés par course poursuite et œil au beurre noir ou bien trafic de drogue et leçon de moral. Le rythme très maîtrisé que nous impose l’auteur ne nous laisse pas le temps de rêver. Après le premier bâton de dynamite, nous voilà plongé au cœur d’une spirale d’actions ininterrompues. Avec un tempo qui va en s’accélérant, on découvre les liens qui relient les protagonistes et les tensions que chacun porte viennent exacerber encore plus le récit. Sans avoir le temps de reprendre son souffle on voit les personnages se précipiter vers un final qui ne peut être qu’explosif, bien plus que la dynamite initiale. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que ce récit porte le nom du métal dont le point de fusion est le plus élevé.

Le trait réaliste de Marcello Quintanilha nous emmène directement à l’essentiel et nous évite les distractions d’un environnement qui pourrait être celui d’une carte postale. Mais tout le mérite revient au découpage qui impose son rythme trépident, sautant d’un personnage à un autre pour nous fait vivre une aventure en temps réel. Marcello nous concède juste une petite ellipse après avoir mené le récit à son paroxysme, histoire de se reposer trois cases avant de conclure en beauté.

Éteignez Facebook, le téléphone portable et la machine à laver. Ménagez-vous une petite heure de tranquillité et une fois commencé, ne lâchez ce livre sous aucun prétexte avant la toute dernière page.

Baptiste

Tungstène, Marcello Quintanilha, çà et là, 20 €.

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