Dossier cul – Nozokiana – Wakoh Honna

Nozokiana 1

Je ne suis pas un spécialiste du Hentaï, mais de mémoire, les mangas traitant de sexe de façon explicite tout en ayant un scénario qui n’est pas qu’un prétexte se compte en France sur les doigts d’une main (une fois qu’on a exclu l’ero-guro, dont le sexe n’est qu’une des thématiques). Les meilleurs sont à mon sens Blue et La fille de la plage. Et il y a Nozokiana. Qui commençait bien.

On y suit Kido, jeune homme rentrant à la fac et s’installant dans un nouvel appartement. Lorsqu’il s’aperçoit qu’un trou laisse entrevoir l’intérieur de l’appartement voisin, sa voisine, Emiru Ikuno, lui propose alors un jeu de voyeurisme consistant à s’épier mutuellement et à tour de rôle.

Le pitch de départ était attrayant, d’autant plus que les éditions Kurokawa ont effectué un excellent travail d’adaptation, en particulier avec ce concept de couverture en forme de trou de serrure par lequel on aperçoit chaque fois une Emiru plus que lascive, et la possibilité d’ôter la jaquette (on y est encouragé par l’encart « déshabillez-moi ») pour en voir un peu plus. Bref, Nozokiana laissait présager d’un manga de sexe plus réfléchi que la moyenne.

Et le premier volume confirme cette bonne impression. Concept original, personnages intéressants, vraisemblance du propos malgré son côté décalé, dessins sublimes, représentations des scènes de sexe avec une maestria certaine, bref, le manga commence très bien.

Nozokiana-T.VI-4

Vous l’aurez compris, je considère que Nozokiana ne reste pas bon très longtemps. Après quelques volumes sympas, le manga sombre définitivement dans les clichés et dans le ridicule. Kido devient aux femmes sexy ce qu’Eikichi Onizuka est aux jeunes détestant les adultes : un aimant à l’efficacité infaillible. La crédibilité du récit s’en retrouve clairement amoindrie, et son intérêt par la même occasion.

Autre problème : l’inégalité des sexes (alors même que l’auteur est une femme). Soyons honnête, Kido est ce qu’on appelle communément, un GROS ENCULÉ. Il est infidèle puissance mille, couche avec tout ce qui passe ou presque, et le manga a sans arrêt l’air de vouloir dire « Noooooooooooon, mais c’est pas grave ça, en vrai il est sympaaaaaaa ». Je ne sais pas si certains lecteurs ont déjà eu de l’empathie pour Kido, mais pour moi c’est une incompréhension totale. En revanche, quand Yuri trompe Kido, on nous la rend antipathique, comme si c’était la dernière des traînées (s’ensuit une scène totalement surréaliste où le héros ose se plaindre). Et évidement, le couple phare de la série, Kido et Emiru, ceux qui doivent finir ensemble à la fin (sans spoil, je pense pas qu’on puisse faire plus prévisible comme final), se doit d’avoir un élément féminin resté vierge pour son homme.

Bref, un potentiel clairement gâché, et Nozokiana n’accède finalement pas au panthéon très exigent des mangas érotiques.

Après tant d’articles dithyrambiques sur ce blog, il était temps de me crédibiliser en étant un peu critique. Lisez Nozokiana pour ses couvertures, ses scènes de sexes vraiment bien foutues (et ce du début à la fin) et ses sublimes dessins. Mais si vous voulez apprécier l’oeuvre  jusqu’au bout, pensez à débrancher votre cerveau et votre esprit critique (je cherche toujours cette fonction chez moi).


Nozokiana, série complète en 13 volumes, Wakoh Honna, Kurokawa, 7,95 € pièce

Armand

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