Raylan – Elmore Leonard

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Début 2011 déboulait sur nos écrans une série policière américaine montée comme un étalon et fleurant la poudre et l’alcool de contrebande. Justified, pour ne pas la citer, mettait en scène un personnage principal fort, sorte de cow-boy des temps modernes, au chapeau inamovible et à la gâchette facile, mais non dénué d’humour et de jugeote.
Ce personnage, Raylan Givens, c’est Elmore Leonard qui en détient la paternité.

Romancier et scénariste américain, bien connu pour ses personnages typés, ses dialogues courts et justes et son souci de la réalité de terrain, Elmore Leonard nous a quittés en 2013. Il n’a pas cessé d’écrire jusqu’à sa mort, léguant une petite cinquantaine de romans dont de nombreux ont été adaptés au cinéma, en téléfilm ou en série. Vous en avez même certainement déjà vu. Non ? Le plus connu Punch Créole, ça vous parle pas ? Peut-être parce qu’il a été adapté sous un autre titre par Tarantino : Jackie Brown.

En 2012, paraissait le dernier livre d’Elmore Leonard, Raylan, reprenant donc son protagoniste de U.S. Marshall dégourdi à la main leste. Après ses derniers déboires avec ses supérieurs, Raylan Givens est muté dans son Kentucky natal où il retrouve toute l’atmosphère de son enfance : le chômage, la misère sociale, les exploitations de marijuana et les entreprises de mines de charbon qui détruisent la région. Au milieu de toutes ces joyeusetés, le franc-parler de Raylan fait mouche et le tire des plus mauvais pas. Mais lorsqu’il commence à traquer un trafic d’organes balbutiant, il se rend bien compte qu’il va peut-être falloir passer à la vitesse supérieure.

Raylan Givens est un archétype. Un héros juste, alliant intuition et pragmatisme pour s’adapter à toutes les situations. Avec son look cow-boy et cool, c’est un représentant de la force tranquille. Un pur produit Leonardien.

On a souvent reproché aux derniers écrits d’Elmore Leonard d’avoir baissé qualitativement, l’homme ne parvenant plus à se renouveler au fur et à mesure de ses parutions. Toujours est-il que quelques soubresauts secouent encore ce dernier ouvrage. Melting-pot de plusieurs enquêtes que Raylan traverse imperturbablement, ce dernier Leonard tire son chapeau certes avec maladresse, mais non sans rappeler la gloire qui fut la sienne il y a encore moins d’un demi-siècle.

Et toujours l’Amérique et le rêve américain, dans toute sa splendeur et dans tous ses revers.


Raylan, Elmore Leonard, Éditions Rivages, 6,99 €

Valmon

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