Les copies – Jesper Wung-Sung

Une chronique un peu particulière aujourd’hui puisque Les copies de Wung-Sung était une sortie très attendue et surtout très aguichante avec pour pitch un croisement entre les films A.I. de Spielberg et Blade Runner de Ridley Scott. Sexy comme programme, non ?

L’avenir est sombre pour nos petites têtes blondes avec l’apparition d’un nouveau virus qui décime uniquement les enfants et qui est d’une efficacité remarquable. En attendant de trouver un antidote, toute la jeunesse est cryogénisée, donnant le temps aux chercheurs de concocter un vaccin. Le problème qui se pose soudain aux parents, c’est ce vide, cette absence chaque jour plus insupportable qui a remplacé la joie de vivre. Un nouveau manque est né et la société très bien attentionnée : « Vie Ressuscitée » va proposer le tout premier service de clonage d’enfants, permettant aux adultes de voir grandir leur progéniture le temps qu’il faudra pour guérir l’original. Il n’y a pas de problèmes, seulement des opportunités !

Les années passent, Jonas est un ado comme les autres, il aime le foot et cette fille qui le regarde jouer. Mais Jonas n’est pas un original qui voit débarquer son clone à la maison, non. Jonas c’est le clone qui a pris la place du malade. Et le roman s’ouvre sur le retour du miraculé chez les siens. Une belle famille de nouveau unie qui n’a plus besoin d’un enfant de substitution, et qui va donc faire appel au S.A.V. de « Vie Ressuscitée ». Société qui est très au point pour la « désactivation » de ses produits…

Seulement voilà, il y a des détails chiffonnants dans ce récit. Si les deux premiers tiers relatent la fuite désespérée de Jonas et d’autres clones à travers un territoire devenu terriblement hostile aux « copies », j’ai le sentiment que l’auteur s’est trompé de direction. Car si on peut voir de nombreux travers de nos sociétés tout au long du roman, avec un thème pareil ce n’est pas de surconsommation ou de diabolisation dont j’aurais voulu entendre parler, mais bien d’une question fondamentale : pourquoi faisons-nous des enfants ?

Ma surprise c’est que, contrairement à ce que je m’attendais, ce n’est donc pas un récit d’action, avec pour fond la grandiloquence nauséabonde de la science quand elle est débridée, mais bien un récit extrêmement dur, où l’obsolescence programmée des clones les conduit lentement vers la mort après leur avoir fait arpenter les chemins de la folie. Or quitte à être exigeant dans ses textes, le Rouergue et son auteur auraient pu aller un chouia plus loin pour interpeller chacun de nous sur les questions que chaque humain se posent un jour.

C’est donc un livre étonnant qui agrippera les lecteurs qui accepteront de se faire surprendre, et fera peut-être peur à tous les autres.


Les copies, Jesper Wung-Sung, Le rouergue, collection Epik, 11.70€

LeDonCarlo

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3 commentaires
  1. Ben voilà, maintenant que je suis professionnellement déconnecté du rayon jeunesse, je rate des trucs… Heureusement qu’il y a des bons blogs pour faire du bon boulot 😉
    C’est vrai que le pitch fait fortement penser à A.I. Raison de plus pour que ça m’intéresse ! Merci Signor Doncarlo 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Il faut préciser que l’ouvrage s’ouvre sur le couplet d’un musicien relativement peut connu, un certain Bruce Springsteen…

      Aimé par 1 personne

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