La saga GTO – Tôru Fujisawa

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Le sujet abordé ici n’englobera pas tout les mangas ou le personnage D’Eikichi Onizuka fait une apparition, mais uniquement ceux centrés sur son activité en temps que professeur. Donc pas de Shonan Junaï Gumi (Young GTO), Bad Company, GTR et autre Ino-Head Gargoyle.

C’est sous la plume de Tôru Fujisawa que tout commence, lorsqu’il décide en 1997 de reprendre l’un des personnages centraux de son précédent manga Shonan Junaï Gumi pour le propulser dans une toute nouvelle intrigue. Eikichi Onizuka, ex-loubard au grand cœur et éternel puceau septième dan de karaté a aujourd’hui 22 ans et décide à la surprise général de devenir professeur dans un lycée (le but premier étant toutefois de coucher avec « les petites lycéennes »). Il parvient par une suite de hasards improbables à obtenir un poste non pas dans un lycée, mais dans un collège, en temps que professeur principal de la pire classe du bahut. À partir de ça, GTO (au fait, c’est l’acronyme de Great Teacher Onizuka) créer toute une mythologie, et une multitude de codes qu’il réutilise plus ou moins intelligemment durant les vingt-cinq volumes de la série.

Onizuka va passer son temps à remettre dans le droit chemin des élèves désabusés et détestant plus que tout « les adultes », ce qui l’amènera régulièrement à se mettre dans des situation absolument folles. Il sauvera nombre d’élèves du suicide en sautant d’un toit pour les rattraper, se battra contre la mafia, sera poursuivit par la police, essaiera de perdre sa virginité sans le moindre succès, j’en passe et des bien pires.

GTO n’est pas un manga réaliste pour deux ronds, et la quasi-totalité de ses personnages sont des clichés, et très souvent des crétins finis, mais l’œuvre fait preuve d’un panache et d’une fantaisie si rafraîchissante et amusante, qu’on lui pardonne aisément tout ses défauts. Le personnage d’Onizuka en particulier est si imprévisible et altruiste qu’il est aujourd’hui l’un des personnages les plus cultes et les plus attachants de l’Histoire du manga.

Le manga donne lieu à un anime qui reprend environs la première moitié des tomes, anime dont je conseille exceptionnellement la VF, qui recèle de très nombreuses perles et bénéficie entre autre des doublages merveilleux de Benoît Du Pac.

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Sauf que Torû Fujisawa aura du mal à retrouver l’inspiration et le succès après la fin de GTO en 2002. Il multipliera les séries courtes, pour la plupart très mauvaises, et qui plus est souvent inachevées. Résultat, l’auteur décide en 2009 de reprendre son personnage phare avec GTO – Shonan 14 Days, un spin-off qui prend place au milieu de l’intrigue de GTO, alors que dans le manga original avait lieu une ellipse de 14 jours pendant laquelle Onizuka était supposé être hospitalisé. Sauf qu’incapable de tenir en place, notre héros s’était aussitôt fait la belle pour se retrouver dans un pensionnat pour adolescents dont les parents ne sont pas en mesure de s’occuper.

Si c’est l’occasion de traiter de thèmes plus graves tel que la maltraitance, encore une fois à travers les relations parents/enfants, l’auteur ne retrouve pas dans ce spin-off toute l’originalité de la série initiale. Durant neuf volumes, et malgré quelques courts moments de génie, Fujisawa va multiplier les clichés et auto-caricaturer son propre manga jusqu’à l’outrance. Série donc totalement oubliable, si l’on excepte le travail informatif sur la maltraitance présent entre chaque chapitre, très instructif, et les passages avec Uchiyamada (sous directeur de l’établissement dans GTO, il a Onizuka en horreur), absolument hilarants.

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Et Fujisawa mit à nouveau le Great Teacher au placard… jusqu’en 2014.

Grand re-retour d’Onizuka avec GTO – Lost Paradise,cette fois-ci dans une suite directe de GTO, ou l’on retrouve un Onizuka en prison, qui va entreprendre de raconter à ses quo-détenus comment il en est arrivé là. Et on apprend donc que l’éternel casse-coup s’est retrouvé prof dans une classe d’élèves stars (idoles de groupes en vogue, acteurs…), évidemment pour la plupart teignes détestables.

On prends les mêmes et on recommence donc, cette fois-ci à mon sens avec un certain succès. Si on ne retrouve pas la surprise et le brio des plus grand moments de GTO, au moins on s’éclate face à une intrigue certes prévisible pour qui connaît l’auteur, mais très divertissante (et c’est toujours un plaisir de revoir Onizuka en action). Cela dit le manga ne compte pour le moment que deux volumes de par chez nous, donc difficile de réellement juger cette nouvelle mouture.

Enfin, je regrette personnellement l’évolution des graphismes au cours de la saga, qui n’ont eu de cesse de se faire plus précis, mais également plus lissés, perdant énormément de leur charme initial.

Bref, si vous ne connaissez pas GTO, je ne peux que vous encourager à vous tourner vers la géniale série originale, et pour les plus grands fans, à allez jeter un œil aux spin-off et suites, quitte toutefois à être déçu.


GTO, volume double (série simple plus disponible), 13 tomes, Tôru Fujisawa, Pika éditions, 13.90 € unité

GTO – Shônan 14 Days, 9 volumes, Tôru Fujisawa, Pika éditions, 6.95 € unité

GTO – Lost Paradise, 2 volumes en cours, Tôru Fujisawa, Pika éditions, 6.95 € unité

Armand

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