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Littérature de l’imaginaire

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Alcibiade, jeune et sympathique garçon, se lance dans une quête pour découvrir son destin. Pour cela, il va lui falloir parcourir un long chemin et rencontrer le vieux sage qui lui montrera la voie.

Alcibiade est une fable philosophique. Pour sa première BD, Rémi Farnos nous invite à découvrir le chemin semé d’embûche qu’est la vie. Un récit simple et accessible pour les plus jeunes que les plus âgés peuvent apprécier comme une histoire très bien faite.

Ce qui fait l’originalité de cette œuvre, c’est l’emploi du gaufrier. Terme qui désigne le découpage des planches en cases, il est de 3 par 4 dans le franco-belge classique. Et si les codes ont évolué, la façon dont il est employé ici est brillante. Toujours en 4 par 4, les cases ne comportent pourtant pas toujours des dessins essentiels à l’histoire. On y trouve des grandes scènes sur toute la planche ou des cheminements qui suivent l’action de haut en bas.

Alcibiade est une grande réussite qui mérite toute votre attention. Soutenez des projets aussi ambitieux et des auteurs aussi talentueux et le monde de la BD n’en sera que meilleur. On notera aussi que la grande instance de la BD qu’est le festival d’Angoulême a déjà mis ses patounes sur le livre qui nous intéresse aujourd’hui et qu’il est dans la sélection jeunesse.

Sur ces bons mots, je vous souhaite une bonne fin d’année 2015, une bonne année 2016 et tout plein de curiosité pour découvrir et redécouvrir le monde.


Alcibiade, Rémi Farnos, La Joie De Lire, 10 €

Côme

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Salut les loustics, prévention du jour : mieux vaut ne pas laisser traîner ses mains sous les coussins des vieux canap’ abandonnés. De un c’est dégueulasse et pour peu que vous vous coupiez bonjour le tétanos; secundo il est probable que vous tombiez entre deux plis de tissu sur le seul moyen d’empêcher l’invasion de la terre par un dictateur extra-terrestre. Bah oui on vous avait prévenu, après si vous n’en faites qu’à votre tête faut pas venir chialer.

Comment ça c’est le 24 décembre et faut que je me calme ?!

M’enfin ils le savent maintenant que le Père Noël n’est qu’un biéreux qui traîne dans les salons des maisons mal fermées pour taper dans les trousses à pharmacies et les bacs à bières. Non ? Ah mince désolé.

Bon reprenons, un chouette livre à faire découvrir pour les fêtes :

Quand trois jeunes merdeux partent fouiner là où il ne faudrait pas (on parle toujours de canapé) ils vont malencontreusement mettre les pieds dans le plats et se retrouver au cœur d’un conflit dantesque entre aliens, (soit-disant humanoïdes, mais on sait jamais avec ces bêtes-là) ce qui expliquerait pourquoi la population a un comportement de plus en plus étrange, semblable à des automates… Absolument pas parce qu’ils sont sous LEUR CONTRÔLE ! Non non, ça serait trop vous en dire. Heureusement on parle de trois jeunes AMÉRICAINS, qui peuvent donc sauver le monde pépouze et rentrer prendre le goûter sans trop de problèmes.


Ce qu’ on a trouvé dans le canapé puis comment on a sauvé le monde, Henry Clark, Les Grandes Personnes 16€50.

Le Don Carlo

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Revenons au classique ! Avec le Grand pouvoir du Chninkel de Rosinski et Van-Hamme replongeons nous avec joie dans la fantasy des années 80. Avec la quête de l’oiseau du temps de Loisel et une bonne partie des récits de Druillet, je pense qu’on tient là la base de toutes bonnes lectures en bandes dessinées fantastiques.

Le monde de Daar est en guerre depuis toujours et nul ne semble se souvenir pourquoi. Dès qu’à lieu la croisée des trois soleils, les trois immortels se mettent en marche avec leur armées, semant chaos et destruction sur leur passage, dans un combat qui ne semble pas avoir de fin. C’est du plus petit des peuples, les Chninkel que va naître pourtant un espoir. J’on rescapé d’un terrible carnage se voit confié par une entité monolithique, qui se dit le créateur des mondes : le grand pouvoir !!!! Et la mission de redonner à ce monde la paix. Il reste cinq croisées de soleil à notre jeune héros pour accomplir sa mission sinon couiiiiiiiiiic, plus de monde du tout ! Considéré par certains comme un paria, vu par d’autres comme le « choisi », J’on va vivre une réelle quête initiatique faite de traversées de désert, de miracles de prophétie et même de charmantes rencontres…

Guerres, massacres, héros chétif et rejeté, quête mystique, sexe… On retrouve dans ce récit ce qui forme la base l’essentiel des bons récits de fantasy. Si les références sont nombreuses : Tolkien, 2001 l’odyssée de l’espace (et j’en passe) la plus flagrante, et en même temps la plus intéressante à mon goût, est le nouveau testament et tout particulièrement les évangiles qui racontent la vie de Jésus. Rejeté par son peuple, entouré de quelques disciples, faiseur de miracles, en proie au questionnement dans le désert, trahi… Les parallèles ne manquent pas entre le destin du Christ et celui de J’on ! Attention il ne s’agit cependant pas d’une tentative de prosélytisme déguisé. Rosinsky et Van-Hamme nous livre ici une version beaucoup plus décalée, sulfureuse, baroque et au final désenchantée que l’original. Le Dieu créateur de Daar ne peut aucunement être confondu avec le Dieu des chrétiens. L’humour et le sexe sont des éléments essentiels dans la construction du personnage principal et dans le rythme du récit. Le souffle épique va crescendo et lorsque vous croyez en avoir fini, lorsqu’on atteint le sommet et que tous les éléments qui composent l’histoire se rejoignent dans un final éblouissant et magistral, les auteurs ont un sursaut de génie et réinstallent l’équivoque, un nouveau démarrage, une nouvelle genèse…

Vous l’aurez compris ce récit à tout pour plaire : du classicisme et des innovations de génie, du mysticisme et de l’humour, du sexe et du sacrifice. L’équilibre narratif entre toutes ces parties m’impressionne toujours : jamais trop jamais trop peux. Les auteurs nous livrent un récit très maîtrisé et complet, au point qu’on a parfois du mal à concevoir qu’il ait été publié dans un mensuel (magazine A suivre dans les années 1986/1987). Le dessin de Rosinski foisonne de détails et par pitié si vous voyez une version colorisée fuyez, rien ne rend plus justice à son travail que le noir et blanc original !

Un incontournable de toute bonne bibliothèque à ranger à côté du Seigneur des anneaux et de votre Bible. Il n’est pas trop tard pour l’ajouter sur la liste au Père-Noël…

Baptiste

Le grand pouvoir du Chninkel, Rosinski  et Van-Hamme, Casterman, 25 €

Succession
L’empereur gouverne les Quatre-vingts Mondes, car, il y a 1600 ans, il a découvert comment vaincre l’Ancienne Grande Ennemie, la Mort. Mais tout n’est pas rose dans cet univers. Quand la sœur de l’empereur est menacée par la secte Rix, qui voue un culte à la technologie, c’est peut-être les plus sombres secrets de l’empire qui vont apparaître au grand jour.

Je n’aime pas la science-fiction. C’est chiant, c’est mal foutu. Si les paradigmes de la science évoluent ou changent, ça perd tout son intérêt. Mais alors que je me rendais chez mon libraire pour ma dose hebdomadaire de fantasy, on en discute et en ressort qu’il y a quand même une chose qui fait trembler d’émotion mon petit cœur : les batailles spatiales !

Il me tend donc un livre, avec une jolie couverture, et me dit que je pourrais peut-être trouver mon bonheur dans ces pages. Quelque temps plus tard, je commence à le lire et là, je me dis qu’il y a toujours quelqu’un pour se foutre de votre gueule…

Le livre commence par un amas de termes techniques rasoir au possible… Mais, le premier chapitre passé, on commence à découvrir la profondeur qu’a donnée Scott Westerfeld à son œuvre. De très bonnes idées parsèment Succession, tels que les partis politiques qui s’opposent sur la relation que l’humanité doit entretenir avec la Mort, ou la non-évolution qu’induit l’eugénisme.

Les chapitres sont découpés en plus petites sections, chacune sur un personnage. ce type de narration est en général frustrant, le Trône de fer en est un bon exemple, nous avons ici, avec l’intrigue et l’action tournées dans la même direction pour tous les protagonistes, un sentiment d’enchaînement naturel très plaisant.

Et cette bataille. Magnifique bataille ! Scotty (je l’aime beaucoup) ne se perd jamais dans une tentative d’explication des concepts scientifiques qu’il fait entrer en jeu. J’apprécie la science, et si je ne suis pas le plus au point des amateurs, j’ai l’impression que Succession est bien fait à ce niveau.

Un très bon livre qui malheureusement ne me fera pas changer d’avis sur la SF. C’est un style qui malgré une évocation du futur est beaucoup trop figé dans le temps.


 Succession, Scott Westerfeld, Pocket, 9.80€

Côme

 

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La dystopie est un genre qui compte quelques ouvrages aujourd’hui considérés comme des classiques, dont de nombreux auteurs se sont par la suite inspirés. Fahrenheit 451 de Ray Bradbury et La brigade de l’œil de Guillaume Guéraud forment un exemple très intéressant de réinterprétation d’un même thème, par delà le temps et l’espace.

Fahrenheit 451 est un roman américain de 1953, et La brigade de l’œil un roman français de 2007 qui présentent donc de très nombreux points communs, le second étant entre autres choses un hommage au premier, comme les synopsis des deux œuvres le laissent clairement entendre.

Fahrenheit 451 prends place dans un futur incertain ou les « pompiers » ont pour tâche de brûler tout les livres existants encore, ces derniers ayant été interdit. La population vis dans une sorte de bonheur léthargique entretenu par les programmes télévisuels et la violence, comme lobotomisée par la jouissance immédiate et irréfléchie que lui procure à foison une société ultra-capitaliste.

Dans le roman de Guéraud, la « loi Bradbury » interdit tout type d’image, du dessin au cinéma en passant par la photographie, et la brigade de l’œil a pour objectif de débusquer les dernières images et de les brûler, en même temps que les rétines de leurs propriétaires. Cette société fait en revanche l’apologie de la littérature, la population est très cultivée et les inégalités sociales ont en bonne partie disparu.

Une des caractéristiques de la dystopie est qu’elle est à la base un projet d’utopie, et sous un certain angle, les sociétés décrites par les deux auteurs sont des réussites.

La disparition de la littérature dans Fahrenheit 451 a brisé les inégalités sociales (du moins au sein de la ville dans laquelle a lieu l’action), non pas du point de vu financier, mais du point de vu de l’ego. Tout le monde est égal dans sa stupidité, personne ne parle d’autre chose que du dernier programme télévisé. Qui plus est, l’absence de choix à faire dans leur vie les empêche de se poser la moindre question, et évite donc la plupart des contrariétés.

De même, Rush Island, ou se déroule l’intrigue de La brigade de l’œil est un exemple en terme d’éducation, et la bourgeoisie à été abolie, entre autres réformes sociales.

Le bonheur face à la liberté.

Si Bradbury va dans un extrême qu’il présente d’ailleurs comme un échec, Guéraud semble quant à lui avoir trouvé un bon compromis. Et c’est là que les deux œuvres diffèrent grandement. Dans Fahrenheit 451, la disparition des livres est une cause directe de la stupidité du peuple (bien que l’on ne sache pas précisément si c’est un cycle qui s’est mis en place naturellement à tout les échelons ou si c’est une volonté des puissants), alors que dans La brigade de l’œil, l’interdiction des images et les réformes sociales n’ont pas de réel lien, ils sont seulement survenus au même moment et par la volonté d’une même personne, qui fait croire au peuple qu’il y a un lien de cause à effet.

Les combats menés par Montag (le pompier qui se retourne contre le système dans Fahrenheit 451) et Kao (le jeune lycéen qui œuvre pour la réhabilitation des images dans La brigade de l’œil) ont donc une différence de nature évidente, la réussite du premier étant garante de résultats concrets, alors que le second est majoritairement symbolique.

Dans Fahrenheit 451, l’éminence grise qui a poussé le monde à l’état dans lequel il est a réussi à ce que le peuple se soit totalement désintéressé de la littérature, en plus du fait qu’elle soit désormais illégale. Dans La brigade de l’œil, un noyau tenace de résistants œuvre dans l’ombre, et une grande frange de la population nourrit toujours une curiosité secrète vis à vis des images, bien qu’elle soit teintée de peur. Si la volonté du retour des livres est vitale dans Fahrenheit 451, elle n’est pas indispensable dans La brigade de l’œil, et n’est la source que d’une passion pour le média disparu, voire d’une simple curiosité pour ceux qui ne l’on jamais connu, et dans tout les cas d’une volonté morale, celle de s’opposer à un interdit absurde.

Il est également intéressant de voir dans quelle mesure une œuvre personnalise un art. Inconsciemment, le lecteur (ou le spectateur) fait l’amalgame entre les actions des hommes et ce qui serait une nature bonne ou mauvaise d’un art. Dans Fahrenheit 451, la littérature est victimisée, on en fait un martyre, se qui contribue à faire son apologie. À l’inverse, La brigade de l’œil place la littérature dans une position hégémonique telle qu’elle semble presque antipathique, là ou le cinéma est à son tour malmené, et mit sur un piédestal par le lecteur. Des arts qui par ailleurs ne sont pas égaux entre eux, la littérature étant dans l’inconscient collectif considéré comme plus nobles que le cinéma, le cinéma plus noble que la BD, la BD plus noble que le manga. Quelles que soit ses affinités, la tentation de dénigrer tel ou tel type d’art pour faire l’apologie du sien, et par son intermédiaire, de soi même, est une tentation à laquelle beaucoup cèdent. C’est d’ailleurs à cette fierté que tient le pouvoir du gouvernement de Rush Island, la littérature étant présentée comme un art supérieur et le cinéma comme un art décadent, le peuple s’abîme dans sa prétendue supériorité et s’enorgueillit de sa culture « noble », qui l’aveugle.

Intéressons nous enfin aux différences spécifiques liées aux contextes des deux œuvres.

Fahrenheit 451 peut être considéré comme une critique du maccarthisme, et comme un appel aux artistes et intellectuels de l’époque à s’opposer à la Peur Rouge. Dans tout les cas, la portée critique constitue l’essentiel du roman de Bradbury, et chaque ligne du roman va dans le sens du propos général. Tout est très net, mesuré, il exprime ses craintes vis à vis d’un futur possible (et même en bonne voie), il propose l’imagination, l’écriture et l’esprit comme remède, sans jamais perdre de vue son postulat critique.

La brigade de l’œil est bien d’avantage un produit d’une multitude d’influences. C’est une lettre d’amour au septième art et un hymne à la liberté, mais l’intrigue y est beaucoup plus libre. L’auteur développe ses personnages non pas pour qu’ils servent le propos, mais pour les humaniser, et s’autorise de nombreuses fantaisies en aucun cas crédibles, mais en accord avec une personnalité d’auteur ayant baignée dans une culture populaire à base de super-héros. Un amour de la trivialité combiné à une exhortation à l’appropriation de notre patrimoine visuel, et à son utilisation avec intelligence, Guillaume Guéraud sait que les images sont sources de miracles comme de dangers.

Une œuvre classique et une œuvre contemporaine, deux excellents romans aux thèmes si similaires et si diamétralement opposés, Fahrenheit 451 et La brigade de l’œil sont deux visions dystopiques étroitement liés à l’art et à sa place dans la politique.


Fahrenheit 451, Ray Bradbury, Folio SF, 5.80€

La brigade de l’œil, Guillaume Guéraud, Le Rouergue, 14.20€

La brigade de l’œil, Guillaume Guéraud, Folio SF, 8€

Armand

Voilà un moment que je n’avais pas pris mon clavier pour vous parler d’un livre intéressant – mais si ! – et pour cause je me suis envolé pour bosser au loin. Il est donc temps de remédier à ce manque.

Il y a quelques temps, est arrivé dans nos librairies un ouvrage étrange de par son aspect. Intrigué par le format, la maquette générale de l’ouvrage et un titre accrocheur, je me jette dessus et l’emmène chez moi pour voir si l’histoire en elle-même vaut le coup d’œil. Et quelle bonne surprise ce fut…

Parlons donc brièvement de l’histoire. Comme son titre l’indique, Horrostörest un roman d’horreur et, pour les petits malins, vous aurez compris que le roman prend place dans un magasin. Mais pas n’importe lequel, un magasin style IKEA, nommé Orsk. De nuit, bien sûr, parce que de l’horreur de jour, ça marche quand même moyennement. Depuis quelques temps, il se passe des trucs bizarres la nuit, alors qu’il ne devrait y avoir personne – si les gardes faisaient correctement leur job avant de partir – les employés retrouvent le matin des substances … bizarres sur des meubles, des objets sont brisés. Le responsable du magasin va donc demander à deux de ses employées de rester la nuit pour régler le problème, puisque les caméras s’éteignent automatiquement entre 2 et 7h du matin.

La nuit avançant, ils découvrent qu’ils ne sont effectivement pas seuls dans l’immense magasin, en fait beaucoup moins seuls que prévu.

Quels sont les points forts de ce roman de Grady Hendrix ?  Les attaques frontales tout d’abord, parce qu’avant d’être un roman d’horreur, c’est un roman critique. Le management à l’américaine, les méthodes des grands magasins pour faire consommer, la torture et l’expérimentation, mais aussi les reality-shows dédiés aux chasseurs de fantômes et autres mythbusters. Tout un tas de sujets franchement joyeux, taclés avec application et intelligence, mais pas trop de subtilités – faut pas déconner quand même.

Le décalage entre les personnages ensuite, notamment entre Amy et son supérieur, aux caractères très différents, ce qui amène des clashs à la limite de la parodie, très drôles. Vous vous doutez bien qu’un roman qui critique avec autant de « subtilité » ne peut qu’avoir un personnage principal cynique ; ce personnage c’est Amy et son opposé c’est Basil, son responsable donc. En apparence en tout cas, il semble vivre pour Orsk, ce qui irrite au plus haut point Amy, qui ne comprend pas comment c’est possible, elle qui ne fait ce job que par défaut.

La maquette de l’ouvrage, principal attrait initial du roman, est utilisée intelligemment tout au long de l’intrigue. Chaque début de chapitre s’ouvre sur une page meuble type catalogue IKEA.

Quid de l’horreur ? Elle est bien amenée, progressivement, à la manière d’anciens films du genre. La formule reprend des mécanismes bien huilés et déforme des mythes hantés pour mieux les utiliser, gardant leur efficacité. rien de très nouveau donc, mais le tout étant bien amené, cela en fait un bon roman de genre.

Mais tout ceci n’est pas sans maladresses. Bien que l’intrigue, et les personnages soient intéressants, la traduction – tout du moins c’est ce que je suppose – fait parfois faux bond, ce n’est en soit pas très dérangeant mais des lecteurs tatillons pourraient ne pas aimer le roman pour cette raison. Les relations entre les personnages gagneraient à être plus développées, tout comme leurs psychologies et leurs passés. Attention, je ne dis pas que ces points sont mal développés, dans l’absolu ils le sont, mais j’aurais apprécié en savoir plus, même si ce n’est pas quelque chose de nécessaire à ce style de roman humoristico-horrifique.

Enfin, le point jesaispassicestbonoupas : la fin. Je ne spoilerai pas mais celle-ci est ouverte et amène à se poser des questions supplémentaires, à avoir des attentes renouvelées auxquelles le roman ne va pas répondre.

Globalement, ce roman est vraiment sympa et plein de bonnes idées, je vous invite à le lire pour une lecture-découverte originale. Bonne lecture et à bientôt !


Horrorstör, Grady Hendrix, Milan, « Milanetdemi », 17€.

Quentin.

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Vu que dans mon article sur Même pas mort, je vous parlais de Gagner la guerre et de Janua Vera du même auteur, nous allons les voir aujourd’hui.

Benvenuto Gesufal, assassin de la guilde des Chuchoteurs, reçoit une mission un peu particulière. On lui demande de tuer un homme qui se cache sous un masque. Malheureusement pour lui, l’assassinat va mal tourner et les conséquences vont bouleverser sa vie.

Ce résumé concerne la nouvelle de notre héros dans Janua Vera qui sert d’introduction à Gagner la guerre.

Janua Vera est un recueil de nouvelles qui décrit un monde fantastique très poche du début de la Renaissance européenne. Certaines sont drôles, d’autres fonctionnent comme des contes. Tout un panel qui nous montre la richesse de l’écriture de Jaworski.

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